Hello collègue écrivain ! Je suis très heureuse de te retrouver dans ce premier épisode du café des auteurs, où je vais te parler d’écriture, d’édition, d’organisation … mais comme si nous étions en train de prendre un café, tout simplement ! Pour fêter ce lancement, j’ai un petit cadeau pour toi, que tu pourras retrouver à la fin de l’épisode !
et pour inaugurer en beauté ce nouveau format, j’ai choisi l’un de mes sujets favoris : la motivation pour écrire, la volonté, et l’effet Momentum.

Je vais commencer par comment te fixer des objectifs d’écriture chaque semaine (ou mois), pour aller vers l’effet Momentum et l’état d’esprit qui permettent d’écrire un roman jusqu’au bout.

C’est quoi la motivation pour écrire et pourquoi elle ne sert à rien

On pourrait tergiverser longtemps sur ce qu’est réellement la motivation, mais voici ma définition en version écriture : la motivation, c’est la volonté d’écrire, même si on n’a pas envie, ou qu’on a de nombreux imprévus.

C’est un challenge pour nous. Ecrire, c’est « difficile », cela implique de se confronter à la page blanche, à sa peur de l’échec. Le moment venu, il est très tentant de laisser tomber et d’aller plutôt sur Netflix ou de se reposer.

Et même si on adore écrire, trouver un créneau dans la semaine peut relever de l’impossible, et nous décourager.

La motivation, c’est donc cette volonté qui va nous pousser à écrire quand même, même si on est crevé. Si on attaque notre scène préférée dans un roman, on sera plus motivé que pour écrire les descriptions des lieux, par exemple.

Je consacrerai certainement plus d’un épisode au sujet de la volonté, mais aujourd’hui, j’ai deux choses à te dire à ce sujet :

Vois la volonté comme une « jauge de points de vie » que tu pourrais avoir dans un jeu vidéo. Elle est maximale après un bon repos, quand on se sent bien dans notre peau, quand on ne s’est pas fait assaillir par des émotions négatives, et qu’on a un mode de vie sain. C’est notamment pourquoi écrire le soir est très difficile ! C’est prouvé par de nombreuses études.
Tu ne peux donc pas compter dessus ! A la moindre frustration, ta motivation va s’envoler. Une journée chargée, et tu ne seras plus motivé.

En conclusion de cette première partie, la motivation peut te permettre d’écrire sur le court terme. Par exemple, veiller tard pour écrire un soir.  Mais écrire un roman n’est pas un sprint, c’est un marathon. La motivation ne va pas suffire, il va nous falloir autre chose pour arriver au bout du premier jet et des corrections.

 

Prendre l’habitude d’écrire

On a parlé de volonté, de nuit blanche … mais pourquoi est-ce que tu te brosses les dents tous les soirs, même quand tu es épuisé ?

Effectivement, ça ne prend que quelques minutes. Mais certains soirs, je suis sûre que tu as envie de filer au lit tant la fatigue est forte, ou que tu en as marre de cette journée. Et pourtant, tu vas te brosser les dents, sans y penser. Alors oui, c’est bon pour la santé, mais si tu ne te brossais pas les dents un soir, ça ne changerait rien à l’état de tes dents.

Pourquoi le fais-tu ? C’est tout simple : tu en as pris l’habitude. C’est devenu un réflexe, que tu fais même sans réfléchir.

Imagine la même chose avec l’écriture. Si tu avais pour tes créneaux d’écriture la même habitude que te brosser les dents, tu n’aurais pas besoin de te faire violence, de modifier 4 fois ton emploi du temps, de pester contre les imprévus. Ce serait un réflexe pour toi, qui ne te demanderait presque pas d’énergie ! L’un de mes coachés d’écrit l’écriture comme un besoin vital aussi important que manger et boire : même si ce n’est pas ton cas, je pense que tu vois l’idée.

Mais comment prendre ou reprendre l’habitude d’écrire quand on écrit peu ou qu’on a une période difficile ? C’est ce qu’on va voir tout de suite avec l’effet Momentum.

 

 

L’effet Momentum plutôt que la motivation pour écrire

L’effet Momentum vient de la finance, où des chercheurs ont observé que « les valeurs qui ont surperformé leurs pairs, dans les mois récents, ont tendance à continuer dans les mois à venir et que les valeurs qui ont sous-performé continuent de rester à la traîne.  »

En reformulant à la sauce écriture, on pourrait dire : si dans les derniers mois tu as atteint tes objectifs, tu vas  avoir tendance à continuer sur ta lancée, tandis que si tu échoues régulièrement, tu vas avoir tendance à échouer encore.

Je vais te donner un exemple : lors du premier Nanowrimo que j’ai réussi, j’ai eu beaucoup de mal à écrire à partir de la moitié (syndrome du milieu, préparation insuffisante, problèmes perso …)

Mais j’ai continué. Pourquoi ? Parce que je me souvenais de la première moitié où j’avais tenu l’objectif chaque jour. Chaque session d’écriture (ou presque) avait été une victoire et j’avais envie de poursuivre la série !

 

 

L’état d’esprit est la clé

Pourquoi l’effet Momentum s’applique aussi bien en bourse qu’en écriture ?

Théoriquement, on pourrait se dire que tu as autant de chances d’écrire demain si tu n’as pas écrit depuis trois semaines, que si tu as écrit tous les jours. Et pourtant, la science prouve le contraire.

Ecrire, comme observer une tendance boursière, est un travail au long terme. Et au long terme, un nouveau facteur entre en jeu : ton état d’esprit.

Enchaîner une série de victoires, ou de défaites, va impacter ton succès de demain.

Je vais te donner un petit exemple : si tu joues à la roulette, tu as autant de chances de gagner que les autres participants. Mais si tu joues à la roulette en ayant enchaîné 15 victoires, tu vas te sentir galvanisé par le succès, et tu risques de miser gros !

Heureusement, on n’est pas au casino, mais devant notre clavier. Et ce que je veux te dire ici, c’est que pour prendre l’habitude d’écrire, il faut créer une série de victoires, comme celle dont je t’ai parlé pour le Nanowrimo. En d’autres termes, cultiver un état d’esprit de succès.

Et comment on enchaîne une série de victoires en écriture ? En atteignant plein de petits objectifs.

 

C’est tout ?

 

Hé oui ! Je propose sur le groupe facebook J’écris un Roman de te fixer des objectifs par semaine. C’est le bon compromis pour de nombreuses personnes, mais tu peux aussi y réfléchir sur une journée, voire un mois (je pense notamment à certaines mamans débordées qui étaient venues me voir sur facebook, pour qui une semaine c’était trop court).

Ensuite, ce qui est très important, c’est que ton cerveau soit sûr à 100% d’avoir atteint l’objectif. Il ne doit pas y avoir de doute possible ! Et comment faire pour ça ?

Se fixer des objectifs atteignables : LA clé pour booster sa motivation pour écrire

 

Je te conseille que ton objectif soit SMART !

  • simple (pas de phrase à rallonge, et surtout, pas de « si/alors ») Exemple : écrire une scène.
  • mesurable. Comprendre : le moment où tu l’auras atteint sera évident. Par exemple : « Finir le chapitre 3 », et pas « avancer sur mon roman ». Dans le deuxième cas, tu auras l’impression de ne pas avancer, et ce sera démotivant !
  • atteignable. Pas de « Ecrire mon synopsis cette semaine »; « Ecrire 4 chapitres » … écrire prend du temps, et le moindre imprévu peut faire une croix sur ton objectif d’écriture ! Il faut que ce soit un défi pour toi, mais atteignable, même si par exemple l’un de tes créneaux d’écriture est reporté suite à un imprévu.
  • réaliste : … mais un défi réalisable, sinon tu n’auras aucune motivation pour écrire !
  • temporellement défini : Ici, on parle des objectifs de la semaine, donc la deadline serait dimanche prochain.

Corrige ton objectif d’écriture

Comment ça, corriger ton objectif ? Pas de panique, je t’explique.

La question à te poser c’est : est-ce que si j’ai un imprévu dans la semaine, je pourrai toujours atteindre mon objectif, ou alors ça s’annonce carrément galère ?

Dans ce cas, je te conseille de corriger ton objectif. Revois-le un peu à la baisse, pour que même si tu as un ou deux imprévus, créneaux d’écriture qui sautent, ou baisses d’énergie / de moral, tu puisses quand même atteindre ton objectif.

Mais est-ce que ton objectif sera toujours motivant dans ce cas ?

La réponse est OUI. On en a longuement parlé dans cet épisode : ce qui est motivant, c’est de réussi régulièrement ses objectifs, même s’ils sont un peu moins ambitieux. On a souvent tendance à se fixer systématiquement un objectif trop élevé, et à échouer, et à se conforter en se disant que ce n’est pas de notre faute … mais ça, c’est lié à notre peur de l’échec, et je t’en parlerai dans un prochain épisode !

J’aimerais conclure en citant une phrase du livre « Miracle Morning » que j’aime beaucoup : « Ma journée, c’est ma vie ». En clair, les décisions que je prends aujourd’hui influeront ma vie, mes objectifs à long terme et mes rêves.

En résumé, on a vu que la motivation n’était pas ce qui allait t’aider à écrire un roman jusqu’au bout, car c’est un travail au long terme, pour lequel les habitudes sont plus fiables que ta simple volonté.

Pour prendre cette habitude, le meilleur moyen est d’enchaîner une série de victoires, à savoir, atteindre régulièrement tes objectifs d’écriture : sur une semaine, par exemple. Pour cela, ils doivent être « smart », en particulier simples et mesurables. C’est comme ça que tu t’entraîneras à réussir, que tu continueras à enchaîner les succès, et à faire de l’écriture une habitude !

Pour aller plus loin

Ecrire le premier jet de son roman … jusqu’au bout avec TerminAuteur

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