Ce que mon tour du monde m’a appris sur l’écriture (et sur moi)

Si tu rencontrais la Ingrid d’il y a quatre ans, tu n’y croirais certainement pas. Je n’avais rien à voir avec la personne que je suis aujourd’hui. Imagine : j’avais jusque là suivi un chemin tout tracé par le système éducatif, la société. Je pensais fermement que l’écriture était une cause perdue, que je ne changerais jamais (je parle notamment de la nourriture émotionnelle).J’avais un tas de croyances limitantes et de blocages que je traînais comme des boulets derrière moi, n’avais jamais pris un seul risque, ni vraiment cherché à savoir ce que moi, je voulais – pas la société, mes profs ou mes proches mais bien moi.

Je t’en ai déjà parlé rapidement dans l’épisode 5 sur mon parcours, mais je voulais revenir aujourd’hui sur les déclics que ce voyage a lancés. Tout quitter et voyager pendant plusieurs mois m’a permis de vivre plusieurs vies en quelques mois et de réaliser plusieurs choses qui m’auraient peut-être pris plusieurs années. Je vais te parler d’écriture, de J’écris un Roman, mais aussi d’entrepreneuriat, de réaliser ses rêves et bien sûr … de voyage ! Accroche ta ceinture et relève ton siège : on décolle !

Première leçon : oublier le style

La première leçon, tu en connais peut-être déjà une partie. Si tu me suis depuis longtemps, tu sais peut-être que j’ai eu un déclic en écrivant mes carnets de voyage et en recevant les commentaires de mes proches. J’écrivais comme je pensais, comme ça s’était passé, je m’amusais car c’était un blog, moins « sérieux » qu’un livre … et mes proches saluaient ma « belle plume », me disaient que c’était génial, haletant, bien écrit …

J’ai alors réalisé que je m’étais trompée jusqu’ici sur le style. Je bloquais sur l’écriture parce que je trouvais mon style plat, peu intéressant. J’essayais toujours de le fignoler, de l’améliorer … mais ça ne fonctionnait jamais.

Parce que je pensais que le style était plus important que l’histoire, alors que c’est l’inverse ! Dans le cas de mes carnets de voyage, j’avais une clarté absolue sur ce que j’allais raconter. Ma main courait toute seule sur le clavier, et je retouchais rarement ce que j’avais écrit. Pourtant, j’ai écrit de très belles choses.

Il me manquait simplement ce déclic-là : le style n’est pas la finalité, c’est un outil. Tu peux t’en servir pour renforcer certains passages, mieux décrire les émotions… mais en général, moins on le voit, mieux c’est (surtout si tu débutes). A partir de ce jour-là, j’ai toujours écrit l’histoire avant tout, et retouché le style ensuite. Certains passages magnifiques sont sortis tout seuls en pleine session d’écriture et je les ai à peine retouchés. Ils valent toutes les phrases que j’ai mis des heures à améliorer !

Je n’allais pas te laisser sans un petit exemple, écrit sur l’île de Pâques :

Elle est comme je me l’imaginais.

Seule au milieu du Pacifique.

Battue par un vent infernal.

Déserte ou presque, et avec un peu partout les mystérieux moai qui veillent, centenaires, sur ce caillou.

Et pourtant elle est pleine de surprises : plage, cratères, « fabrique de moai » à même la roche … parmi d’autres endroits hors du temps.

Ce sera certainement la destination la plus reculée et fascinante de mon voyage.

 

Mais j’ai eu un deuxième déclic avec ces carnets de voyage.

L’écriture m’a aidée à vivre mon voyage à fond.

Je pratiquais pourtant l’écriture intuitive depuis deux ans au moment de mon voyage – j’y consacrerai certainement un épisode ! Je savais quel bien me faisait cette pause quotidienne à transférer mes pensées. Mais pour le voyage, l’écriture a renforcé le processus. En écrivant, je prenais du recul, je réalisais ce que je venais de vivre. En mettant des mots sur mes rencontres, j’incarnais la personne. En décrivant les lieux, je réalisais leur beauté. Je pourrais continuer longtemps comme ça mais je pense que tu as compris l’idée : les carnets de voyage étaient un moyen d’explorer davantage.

Je te propose à nouveau un petit extrait de mes carnets :

La suite a été écrite dans le premier refuge du sentier qui sépare la baie Sainte-Marguerite de Tadoussac, au coin du feu que je venais d’allumer. En galérant un peu, puisque j’essayais d’allumer en même temps mon feu dans la cheminée et de m’occuper de mon réchaud à l’extérieur avec un vent et une pluie de tous les diables. Et tout d’un coup, j’ai fini par faire crépiter un bon feu dans la cheminée et à préparer mon repas. Puis en entrant dans le refuge, qui comporte de grandes baies vitrées sur le fjord, j’ai vu d’un côté de la baie un splendide coucher de soleil et de l’autre un arc-en-ciel.

Refuge de l’anse à la Barge

Avant tout cela, j’ai parcouru mes trois premiers kilomètres de sentier sous le déluge en repensant à Jean-Claude et Gary et aux morceaux qu’ils m’ont fait écouter – plusieurs ayant pour thème la pluie, l’arche de Noé... Je me sentais envahie d’une sensation de calme indescriptible, de marcher en forêt, sentir l’odeur des sapins et du bois mouillé. Je me suis dit à un moment que chaque jour, j’avais l’impression d’être plus heureuse que la veille, et pourtant entre l’observation des baleines et ma rencontre avec mes deux baroudeurs géniaux je ne voyais pas comment l’être plus qu’en cet instant. Je me suis alors mise à rire en pleine forêt en me disant : tu vas marcher 42 km, tu en as fait 2, c’est le déluge, et tu te dis que t’as jamais été aussi heureuse, t’as vraiment un problème !

Mon troisième déclic : le courage

Il a eu lieu un mois avant mon tour du monde certes, mais il y est complètement lié. Parmi les rêves que je souhaitais réaliser lors de ce voyage, il y avait plonger avec les requins en Polynésie. J’ai vite découvert que la passe de Fakarava dont je rêvais était déconseillée aux débutants, et que je n’avais jamais fait de plongée, mais j’ai voulu passer le PADI, le diplôme nécessaire pour pouvoir plonger. Je m’inscris donc à une piscine en région parisienne où il était possible de passer la première partie du diplôme avant de le compléter par des plongées en extérieur.

Au bout d’une heure sur place, le rêve de plonger avec les requins s’est envolé. Je suis terrifiée par cette piscine de dix mètres de profondeur, il m’est absolument impossible de retirer mon masque sous l’eau – ce qui constitue le deuxième exercice de la trentaine à faire pour le diplôme – et je panique complètement une fois dans l’eau – bref, je suis à deux doigts d’abandonner. Et les instructeurs me font bien comprendre que je n’aurai pas le diplôme ce weekend-là vu mon retard dans les exercices. Ah, et je t’ai dit que j’étais bien évidemment la seule du groupe à ne pas y arriver ?

Je fais des cauchemars toute la nuit, pars la boule au ventre le lendemain, et c’est un nouvel échec. Je rentre chez moi et réfléchis longuement : vais-je laisser tomber la plongée sous-marine à cause de ce malheureux exercice ? Ai-je vraiment peur d’une piscine de dix mètres de profondeur – auquel cas ce n’est même pas la peine de plonger en mer ?

Je finis par prendre mon courage à deux mains et appeler le centre pour savoir s’ils peuvent me programmer sur un nouveau weekend PADI. Je n’ai rien à perdre, mais j’ai très envie de plonger en Polynésie. Le jour J, un sentiment très étrange me tord l’estomac. Je suis certes terrifiée, mais je me sens étrangement sereine. Aujourd’hui, je sais quel était ce sentiment : c’était tout simplement le courage. J’allais affronter la chose qui m’avait le plus terrifiée : être sous l’eau harnachée de la combinaison de plongée, sans pouvoir remonter. (Cela te semble peut-être très simple, mais je suis loin d’être la seule.)

J’ai aussitôt parlé du premier weekend au moniteur, de ce qui avait fonctionné ou non, du fait que j’avais tendance à paniquer sous l’eau. L’instructeur a eu la très bonne idée de me confier au moniteur le plus patient et gentil du groupe. Je te résume le truc : ça a été un weekend intense et difficile, mais j’ai réussi. J’ai eu un mal fou avec le masque, j’ai eu un mal fou avec tout le reste. Mais au moindre succès, je m’y accrochais comme un corail sur son récif. A la fin du weekend, j’étais métamorphosée. Le moniteur était médusé. Promis, c’était la dernière métaphore aquatique.

J’ai fait la deuxième partie du diplôme au Québec, près de Montréal, dans une carrière engloutie. J’ai réussi tous les exercices même si ma zone de confort – en l’occurrence une belle piscine bien chaude et transparente – avait été remplacée par une eau brumeuse, trouble et glaciale nécessitant une tenue supplémentaire. La fierté et la gentillesse des moniteurs me tenaient chaud.

Une fois dans la mer, en Polynésie, j’ai fait ma première plongée, avec des raies manta. Elle n’a pas été de tout repos : une fois bien arrivée au fond, l’instructeur nous a fait signe de ne pas bouger pour ne pas les effrayer. C’était la pire chose qui pouvait m’arriver, mon esprit s’est mis à vriller, à me submerger de panique. Et puis les raies sont arrivées. Je n’ai pas plongé avec les requins pendant mon tour du monde, mais je sais que je le ferai un jour.

Cette longue anecdote ne vise pas à te décourager de la plongée sous-marine. C’est simplement la plus belle leçon de persévérance qui m’ait été donnée de vivre. J’ai des papillons de ventre en écrivant cet épisode tant je me suis sentie forte, courageuse, persévérante en retournant dans l’eau alors que j’étais terrifiée. Les raies manta qui ondoyaient à un mètre de nous en valaient complètement la chandelle et je le referais sans hésiter.

Quel rapport avec l’écriture, me diras-tu ? C’est tout simple : mon expérience est la même. Si tu savais comme j’ai procrastiné l’envoi de mon premier roman aux éditeurs. Me prendre un refus ferait très mal à la petite Ingrid pour qui je faisais tout ça, celle qui rêvait tant de devenir écrivain. Pourtant, je savais que j’allais recevoir des refus qui me permettraient de l’améliorer, jusqu’à ce que la rencontre se fasse avec un éditeur. Mais j’étais paralysée par la peur du refus. Ne fais pas comme moi. Si ton rêve est de publier ce roman, essaie !

J’ai entendu dans le podcast de Brooke Castillo cette phrase que j’avais envie de te redire : Sors de ta zone de confort ! Fais-le ! Plante-toi ! Refais-le ! Replante-toi ! Refais-le, replante-toi, et tu finiras par réussir. C’est pas ça le succès ?

 

Le dernier déclic : sortir du moule

Il ne date pas vraiment du tour du monde, car il était « dormant » pendant mon voyage et s’est manifesté six mois après mon retour. Il parle plutôt d’entrepreneuriat, mais j’avais envie de te le partager.

Je suis retournée au Burning Man en 2018 après y être allée lors de mon tour du monde de 2017.

Burning Man

Entre événement et ville éphémère, Burning Man repose sur dix principes, parmi lesquels la participation (on n’est pas spectateur mais acteur). Donc de nombreux camps, stands, événements … nécessitent de la participation et de l’interaction ! Et lors du Burning Man de 2018, alors que je me promenais seule à vélo, je vois un stand très minimaliste : une table flanquée d’un panneau « Advice » (conseils en anglais). Deux jeunes hommes y sont installés et causent avec un homme plus âgé installé de l’autre côté de la table.

Le stand de conseils

Je n’ai pas de question précise en tête, mais ils ont l’air de bien s’amuser et j’attends patiemment mon tour. Je m’installe face à eux, et on commence à échanger et notamment plaisanter sur ce stand de conseils en plein désert. Une inspiration soudaine me frappe et je leur dis : en fait si, j’ai une question. J’aime tellement Burning Man que j’aimerais venir tous les ans, mais je viens d’Europe et c’est très cher. Vous me conseillez quoi ?

L’un d’eux me répond aussitôt : change de travail pour gagner plus d’argent.

Sur le moment, j’éclate de rire. Je vois bien la mentalité entrepreneuriale des Américains, mais je pense ne pas pouvoir appliquer leur conseil. En France, le budget pour venir à Burning Man est à peu près un mois de mon salaire d’ingénieure, et il me faudra des années pour que celui-ci augmente significativement.

Pourtant, la réflexion continue de me travailler les jours suivants.

A mon retour, c’est décidé : je vais appliquer exactement ce conseil. Je ne sais pas comment ni quand, mais je gagnerai plus d’argent pour réaliser tous les rêves qui me restent. Cela passe par l’investissement, et l’entrepreneuriat. Il m’a fallu deux ans pour le devenir et enfin vivre de l’écriture, mais je n’oublie pas le Burner pour qui ce déclic était l’évidence même !

 

Yetti.

Si tu es arrivé jusqu’ici, j’avais envie de te raconter un épisode de mon voyage. Il n’a aucun rapport avec l’écriture, mais c’est le souvenir le plus vibrant de mon voyage, devant les raies manta, l’île de Pâques et le Kilimandjaro, je ne pouvais pas le passer sous silence ! Et plutôt que de te le raconter depuis 2021, j’ai eu envie de donner la parole à Ingrid 2017 et te lire un extrait de carnet de voyage. Tu verras que les apprentissages sont plutôt évidents !

 

Puis vient le dernier weekend : le mont Agung, qui se tenait à carreau jusque là, décide de commencer son éruption . Je vois tous les vols être annulés petit à petit, dont celui de mon amie Marie (du Burning Man) qui devait me rejoindre pour deux jours à la fin de mon séjour. Je commence à me dire que si je veux arriver en Birmanie en même temps que ma meilleure amie qui m’y rejoint, il va falloir élaborer un plan B. Le lundi, je me donne jusqu’au lendemain pour me décider. La situation ne s’est pas arrangée : il va falloir rejoindre un autre aéroport. J’ai le choix entre Surabaya et Jakarta, tous deux situés sur l’île de Java, à l’ouest de Bali. Surabaya est au milieu de l’île et Jakarta à son extrémité ouest. Par mesure de précaution je choisis Jakarta, situé à 1000 km de Bali contre 400 pour Surabaya : les cendres auront un plus long chemin à parcourir ! et j’ai plus de chances de trouver un vol vu que Surabaya sera probablement pris d’assaut. Je prends le premier ticket de bus disponible, il est à 14h la veille de mon supposé vol, en cas d’une reprise du trafic. Le trajet de bus est de 24h dont un petit passage en ferry entre Bali et Java.

Juste avant de partir, j’apprends que mon vol est annulé, ouf, cela m’évite d’être dans l’incertitude pendant tout le trajet pour savoir si je serai remboursée ou non du billet. Je fais mes adieux aux Balinais de l’auberge et enfourche mon « Uber scooter » (appelé Go-jek en Indonésie) pour le terminal de bus voisin. Mon bus pour Jakarta apparaît enfin au terminal en pleine ébullition. Je m’installe, ma voisine indonésienne a l’air enchantée d’être à côté de moi. Et c’est parti !

 

Les 24 premières heures de trajet seront vraiment agréables. Le bus est confortable, je parviens à dormir la nuit, les indonésiens sont très propres, et surtout je fais la connaissance de ma voisine, Yetti, avec qui je parviens à communiquer même si son seul mot d’anglais est « good » et mon seul mot indonésien « merci ». Avec les mains, le visage, les photos sur le téléphone portable  … j’arrive à comprendre qu’elle a la quarantaine, trois filles, vient de près de Denpasar la capitale de Bali  et est mariée à un militaire. De son côté, elle est toute fière de m’avoir rencontrée et me montre à toutes les personnes qui l’appellent en vidéo : « regarde ma voisine !! » Je récolte un bon nombre de compliments et nous faisons quelques photos souvenir. Elle veille également sur moi, me paie de petits trucs à manger – bien que j’aie largement de quoi payer mais je comprends toujours les évènements avec un train de retard … – par exemple des bananes légumes cuites qui seront un délice, parfaite je vous dis ! elle garde un oeil sur moi pendant les pauses, me prévient quand le bus s’arrête, mange avec moi  … oui parce que nous avons droit à 3 repas pendant ce trajet, dans de petits selfs (où je n’ose pas toucher à autre chose que du riz blanc hélas) plutôt sympathiques.

 

Le panorama pendant le trajet aura également été magnifique, des rizières en terrasse et forêts balinaises à la tranquille campagne javanaise, ses rizières plates à perte de vue et ses mosquées colorées.  Le souci, c’est que le trajet est censé se terminer à 14h le jeudi – confirmé par Yetti – et que lorsque vers 11h30 je regarde le nombre de kilomètres restants, je vois que nous sommes à 400 km de la capitale. Les heures suivantes seront assez difficiles pour moi car nous sommes coincés dans les bouchons et inondations  et que je commence à réaliser que nous n’allons pas arriver sur place avant le soir, voire le milieu de la nuit, j’abandonne mes espoirs d’avoir un vol le jour même. Voir les maisons inondées au bord de la route est un choc pour moi et me fait réaliser que : tout va bien pour moi , tant pis pour le vol, le remboursement et compagnie : je suis bien installée, en bonne compagnie, je n’ai pas à me plaindre, tout va bien !

Lors du dernier repas, Yetti me demande si je veux du « ess » (sûrement pas la bonne orthographe). Evidemment je ne comprends pas, alors j’accepte pour tenter : super, il s’agissait de thé glacé avec une énorme dose de sucre. Je propose à Yetti de trinquer et elle le fait avec un grand sourire, puis me regarde et me dit : « memory ? » avec son joli accent. Je lui réponds : « good memory » ! Elle renchérit avec quelque chose comme « Ingrid memory Yetti? »  en me regardant très intensément et sérieusement, ce qui achève de m’émouvoir!

Bien sûr que je me souviendrai de toi Yetti. Tu as veillé sur moi, as été très généreuse, as réussi à me parler d’un tas de choses pendant 35 heures, m’as rassurée en voyant mon stress augmenter avec mon vol (en me mettant une main sur l’épaule et me parlant tout gentiment, j’ai maudit la barrière de la langue!) sans rien attendre en retour à part te demander si je me souviendrai de toi ! J’essaie de lui répondre que oui, bien sûr, et soudain je me souviens que je connais le mot indonésien pour dire ami : « toman ! » que je lui lance fièrement. Le sourire qui illumine le visage de Yetti à ce moment-là vaut à lui seul une centaine d’heures de bus.

 

Qu’as-tu pensé de cet épisode ?

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