Hello, collègue écrivain, d’ici quelques jours – le 21 octobre précisément – sortira mon premier livre en maison d’édition : Foodfighting, aux éditions First. J’ai voulu consacrer un épisode à cet aspect de ma vie dont je parle rarement dans ce podcast, mais qui est pourtant au cœur de mon quotidien. Je vais te parler de mon parcours avec la nourriture émotionnelle – mais surtout de ses causes, donc si tu n’es pas concerné par le sujet, cet épisode devrait t’intéresser aussi – et pourquoi il s’est transformé en livre, puis te donnerai quelques détails sur l’écriture de ce livre témoignage et sa publication.

Avant d’aller plus loin, j’organise un atelier gratuit le 21 octobre : Mon processus en 7 étapes pour faire décoller ta carrière d’écrivain , et j’y parlerai de Foodfighting et de sa publication !

Mon parcours avec la nourriture et le foodfighting

Il me semble important, avant d’aller plus loin, de te planter le décor.

Je ne sais pas quand mon combat contre la nourriture a commencé. J’ai l’impression qu’il dure depuis ma plus petite enfance. Peut-être était-ce quand j’ai commencé à finir systématiquement mon assiette pour attirer l’attention de mes parents. Peut-être quand l’un de mes camarades de primaire m’a traitée de « sumo ». Ou quand, au collège, je me suis regardée dans le miroir et j’ai détesté ce visage arrondi, ce corps (qui n’était même pas en surpoids à l’époque, mais était moins svelte que celui de mes copines). Ou, en troisième, quand j’ai décidé de faire un régime et que j’ai tenu le coup toute l’année.

Ce dernier m’a projetée dans un cercle vicieux sans fin » : faire un régime, manger jusqu’à n’en plus pouvoir, reprendre le régime, manger encore plus. La nourriture est devenue une amie, tour à tour réconfortante, malsaine, manipulatrice, punitive. Et mon corps, un bagage encombrant que je trimballais partout avec moi. Je n’ai jamais été en surpoids, mais je pense avoir été au régime en permanence de mes 15 à mes 23.

Je grignotais en rentrant du travail, ou lorsque j’étais stressée. Chaque carré de chocolat, chaque repas au restaurant entraînaient des ruminations sans fin, un dialogue intérieur, une flagellation infinie après que j’aie, en général, « craqué ».

Chaque « tentation » culinaire, l’odeur de la boulangerie, la boîte de chocolats, déclenchaient une avalanche de pensées, d’envie, de culpabilité. J’avais parfois l’impression que je n’étais pas normale, qu’il y avait à l’intérieur de moi un monstre tapi dans l’ombre, qui attendait la moindre occasion de me détruire. Le reste du temps, j’ignorais le problème. Je ne pensais pas avoir de maladie, de problème, plutôt que j’étais trop gourmande, que je n’avais pas de volonté.

Jusqu’à ce jour de 2018 où j’ai pu mettre un mot sur ce rapport à la nourriture. Nourriture émotionnelle.

Ce jour-là, je me suis juré de trouver un moyen d’arrêter tout ça.

Cette démarche a été l’une des meilleures choses qui me soit arrivées. Elle n’a été ni facile, ni rapide. J’ai dû sortir de ma zone de confort, et surtout, de mon mental et des histoires que je me racontais pour continuer à manger sans faim.

J’ai appris à écouter mes sensations, mes émotions, mon corps. Et petit à petit, et encore aujourd’hui, j’apprends à m’accepter et à m’aimer, dans une société où la minceur est vénérée. Cela a été transformateur pour moi et il me tenait à cœur de partager mon expérience. J’ai commencé par en parler sur un blog, puis j’ai lancé le podcast Faim de Liberté, échangé avec des femmes et hommes dans la même situation que moi, et j’ai réalisé que j’avais bien plus à dire sur le sujet que les vingt petites minutes d’un épisode de podcast.

Tu connais mon amour de l’écriture : la suite était toute trouvée. Les premières lignes de mon livre datent de 2019.

Comprendre le foodfighting

C’est quoi le foodfighting ou nourriture émotionnelle ?

Pour t’en parler, je vais te lire un extrait du livre.

« En été 2018, après une vingtaine d’années à manger sans faim, je découvre une vidéo Youtube où la personne emploie le terme « nourriture émotionnelle ». Ça me parle. C’est ça, que j’ai ? C’est pour ça que je mange sans faim, grignote en rentrant du travail ? Je fouille internet et découvre qu’il s’agit d’un comportement consistant à manger sans faim régulièrement ou penser à la nourriture très souvent en dehors des repas.
Bien sûr, il nous arrive à tous de manger sans faim de temps en temps, si l’on nous propose un chocolat, si notre grand-mère a cuisiné pour nous…

La nourriture émotionnelle (ou foodfighting, j’y viens), c’est quand cela arrive régulièrement, même quotidiennement et qu’on en souffre. Un peu comme une addiction.

Pourquoi mange-t-on sans faim ?

Une fois que j’avais fait mes recherches, je n’étais pas sûre que cela s’appliquait à moi. Je n’avais pas besoin d’être triste ou en colère pour manger sans faim, je le faisais parce que j’avais des gâteaux dans mon tiroir, parce qu’un collègue avait apporté des croissants, ou en rentrant du travail. Rien à voir avec les émotions, en apparence !

Les situations où je mangeais sans faim

  • sous le coup d’une émotion,
  • par habitude ou ennui, notamment en rentrant chez moi le soir
  • par envie / parce que « c’est trop bon »
  • par stress, la veille d’un exam…
  • pour faire plaisir à la personne qui avait cuisiné
  • pour ne pas jeter la fin du plat.

 

Voilà pourquoi je n’aime pas le terme « nourriture émotionnelle » et préfère « relation conflictuelle avec la nourriture ».  Car c’est le combat interminable qui pose problème, pas le fait de « manger ses émotions » comme on le dit outre-Atlantique.

Comme c’est un peu long, je l’ai abrégé en « foodfighting ». »

 Disclaimer

Ce livre ne vous concerne pas si le fait de manger de temps en temps sous le coup d’une émotion ne vous pose pas de problème.

 

Comment je me suis libérée du foodfighting

Avant de trouver ma voie dans l’écriture, j’ai été professeure de yoga – certifiée ! La découverte de la méditation pleine conscience, mais aussi de l’écriture intuitive, ont été les premiers déclics d’une longue démarche visant à comprendre mes émotions et habitudes, puis de me reconnecter à mes sensations et à mon corps.

Celle-ci a été une révélation pour moi. En voici les principales étapes :

  • On commence par l’assiette : apprendre à écouter sa faim, puis manger en conscience (selon ses envies)
  • Puis la tête : Comprendre nos habitudes et émotions, démarrer une nouvelle façon de faire et se faire confiance !
  • Et enfin le corps : apprendre à l’accepter, l’écouter, et l’aimer !

Foodfighting et confiance en soi

Dans l’épisode 5 du podcast, je te raconte mon parcours, et notamment pourquoi la confiance en soi me tient autant à cœur. C’est simple : j’ai connu le manque de confiance en soi abyssal, et le long chemin pour en revenir.

Je vais te donner un exemple : parmi les conseils que je donne, il y a de se retrouver seul face à son assiette, sans télé ou bruit. Quand on fait de la nourriture émotionnelle, c’est difficile. C’est se retrouver face à nos peurs, celle de manquer d’amour (si nourriture = amour), de ne pas être assez (si nourriture = je montre mon amour), celle d’échouer…

Avec la démarche que je raconte dans Foodfighting, je suis devenue petit à petit une nouvelle personne. J’avais soudain de l’espace dans ma vie, pour faire ce que j’aimais, changer de métier, réaliser mes projets. J’ai eu besoin de me tromper, de recommencer, pour trouver qui j’étais vraiment.

Elle m’a offert le voyage le plus beau et intense que j’ai pu vivre : partir à la recherche de moi-même. C’est là que j’ai trouvé ce que je voulais faire de ma vie : donner confiance en eux à ceux qui pensent qu’il n’y a aucun espoir.

Si je suis là, aujourd’hui, dans un podcast destiné aux écrivains alors que j’ai passé dix ans à procrastiner et abandonner chaque livre que je commençais, c’est un peu grâce à cette démarche.

 

Ecrire un livre témoignage

Tu es peut-être plus intéressé par l’écriture que la nourriture émotionnelle, mais risques d’être déçu quand tu entendras comment j’ai écrit ce livre-ci.

Moi qui adore les romans, les univers imaginaires, les personnages … voilà que je devais écrire sur moi, avec mes mots. Le syndrome de l’imposteur m’a frappée de plein fouet : je n’avais aucun artifice derrière lequel me cacher.  Plus de descriptions, de dialogues, de scènes … Je devais raconter mon histoire, donner mes conseils, et c’est tout.

Les éditrices avaient beaucoup apprécié les petits exercices que je proposais dans le podcast. Après avoir testé différentes options, il nous est apparu que le plus simple était de proposer un exercice, puis mon expérience avec celui-ci.

Mais le plus fou, c’est que j’ai fouillé dans mes anciens carnets pour illustrer mes propos. J’ai eu mal en relisant ce que j’écrivais chaque jour. La nourriture, mon corps occupaient plus de la moitié de mes pensées et préoccupations. Pas étonnant que mes rêves ne se réalisent jamais.

La publication de Foodfighting

Pour que cet épisode ne soit pas trop long, je te propose de me rejoindre à l’atelier du 21 octobre où j’en parlerai plus en détail. J’aborde également le sujet dans l’épisode « Pour écrire et être publié, il faut changer tes pensées ».

En résumé, j’ai participé au concours de pitchs des éditions First. Le livre était un vaste chantier, à l’époque. Mais je n’avais rien à perdre, et j’ai parlé de mon histoire. Et c’est ce qui a convaincu les éditrices, je pense. Je maîtrisais si bien le sujet que j’avais réponse à tout ! Mais surtout, j’avais une envie brûlante de passer le message. Je croise régulièrement des personnes sujettes au foodfighting sans oser leur en parler, et c’est ce qui m’a portée tout au long du concours : le besoin d’écrire ce livre.

A ce sujet, j’ai une faveur à te demander. Si tu connais des personnes qui sont tout le temps au régime, ou obsédées par leur poids ou leur alimentation, alors parle-leur de mon livre. Je t’assure qu’elles te seront reconnaissantes, c’est pour elles que j’ai écrit Foodfighting.

 

Pour aller plus loin

Commander Foodfighting

Mon podcast Faim de Liberté

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