Ingrid: [00:01:30] Et on est avec Gabrielle Massat ! Je suis contente de te recevoir dans le podcast.

 

Gabrielle: [00:01:36] Ravie aussi !

 

Ingrid: [00:01:38] Est-ce que tu pourrais nous dire en quelques mots qui tu es, ce que tu écris?

 

Gabrielle: [00:01:43] Alors donc, moi, je suis Gabrielle Massat et je suis autrice de polars et de romans noirs, j’ai aussi fait une petite incursion en jeunesse. Mais là, voilà, je suis lancée sur de la publication de polars. Donc, mon premier polar est sorti en 2020, une semaine avant le confinement. Le timing de la mort ! Et le deuxième vient de sortir là, au début de l’été 2021.

 

Ingrid: [00:02:05] Et du coup, avant de parler vraiment de ces livres-là, moi, j’ai une petite question sur les auteurs qui t’inspirent et t’ont poussée à te lancer dans cette carrière.

 

Gabrielle: [00:02:15] Alors moi, je suis hyper imprégnée par tout ce qui est littérature noire américaine. Donc, ça va être les grands auteurs de cette mouvance là, dans les années 50, les années 30, donc, Raymond Chandler, Dashiell Hammett. Et puis plus tard, ensuite, James Ellroy. C’est vraiment le gros de mes influences. Et après, chez les auteurs un peu plus contemporains, on va dire, et français, il va y avoir la grande mouvance du polar hard boiled : Dennis Sloane chez les Américains, Robin Cook chez les Anglais, chez les Français, j’adore Marin Ledun.

 

Ingrid: [00:02:56] Plein d’auteurs à découvrir pour moi parce que je n’en connais pas beaucoup.

 

Gabrielle: [00:02:58] Ils sont très, très bien !

 

Ingrid: [00:03:01] Ça marche ! Pas de polars scandinaves ?

 

Gabrielle: [00:03:04] Je ne suis pas trop polar scandinave, alors j’adore de Jo Nesbø, qui est un Norvégien, mais qui a une approche et une plume très américaines, en fait. Et c’est pour ça que je l’adore. Le polar scandinave pur et dur, j’ai du mal. C’est très typique, assez lent, assez froid et j’ai du mal. Ce n’est pas trop mon univers, je préfère l’action.

 

Ingrid: [00:03:30] Alors du coup, tu nous a parlé de ta première publication en 2020. Comment ça s’est passé entre tes débuts et cette première publication ? Je sais que tu as une agente : tu l’avais déjà à ce moment là ?

 

Gabrielle: [00:03:43] Ma première publication, c’était en 2015, un roman young adulte, une dystopie qui est sortie chez Hachette. Ensuite, j’ai écrit mon premier polar fin 2018. En gros, ça a pris trois ans. Ma première expérience éditoriale avait été très chouette, mais pas épanouissante sur tous les plans. Et donc je me suis dit : mon rêve, c’est d’avoir une agente ou un agent pour partager l’aspect créatif et la conception de la carrière. Donc ça, j’en avais un peu parlé dans le live qu’on avait fait ensemble sur les agents littéraires*. Et du coup, je me suis dit au moment de soumettre mon polar comme tout le monde, en envoyant mes trucs par la poste, j’ai dit : Tu vas tenter quelques agences littéraires d’abord. Coup de bol, ça a mordu et en fait, c’est mon agente qui a ensuite soumis ce premier polar à deux éditeurs, il y en a un des deux qui a dit oui et donc on est parti avec !

 

Ingrid: [00:04:41] Et c’était au Masque ?

 

Gabrielle: [00:04:44] Oui, les Éditions du Masque.

 

Ingrid: [00:04:46] Une sacrée belle maison d’édition !

 

Gabrielle: [00:04:49] Oui, super chouette !

 

Ingrid: [00:04:53] Ça doit faire plaisir quand on écrit dans ce genre là, en tout cas. Et du coup, ta dernière sortie ?

 

Gabrielle: [00:05:08] Mon roman Trente Grammes est sorti au Masque aussi. On essaie de construire un truc ensemble, donc c’est chouette. Et voilà. Autant le premier, donc, Le goût du rouge à lèvres de ma mère, qui est sorti en 2020, c’est vraiment un polar un peu hard boiled, pur et dur. Autant Trente grammes, on est plus sur du roman noir, ce qui n’est pas tout à fait tout à fait la même chose.

 

Ingrid: [00:05:36] Voilà justement à ce sujet. Est ce que tu fais des différences entre le roman noir, le roman policier et le polar? Et même les thrillers ?

 

Gabrielle: [00:05:49] Avant d’être auteure de polars, je suis passionnée de littérature noire en général. Et donc, pour moi, que ce soit culturellement, historiquement ou dans les livres actuels, il y a d’énormes différences entre le roman noir, le polar, le policier et le thriller. Pour moi, il y a une espèce de spectre avec à une extrêmité, le roman noir qui va se définir plus par un ancrage dans une réalité sociale particulière et pas forcément d’enquête. C’est plus une littérature très sociale. Et à l’autre bout du spectre, il y a le thriller, qui est vraiment très proche du roman d’action avec une enquête. Et c’est souvent là qu’on aura les livres de serial killer, tout ça. Et entre les deux, on va avoir le roman policier classique, qui est donc issu de la tradition d’Agatha Christie. Tout ça est vraiment basé autour d’une enquête, autour d’un meurtre. Et le polar qui, pour moi, est entre le policier et le roman noir, c’est à dire, est une enquête autour d’un meurtre, mais avec un personnage qui va être plus moralement ambigu. Donc, souvent, ça peut être soit des privés, soit des truands… Et l’enquête qui va être faite va permettre de porter un regard critique sur une réalité sociale. Ça, c’est mon classement dans ma tête ! Je pense qu’effectivement, quand on écrit, ça peut être bien d’avoir conscience de ces cases-là, qui sont poreuses et qui vont dépendre un peu de chacun, mais d’en avoir conscience et de savoir où on se place.

 

Ingrid: [00:07:21] Et puis peut être de comparer aux livres qu’on aime bien, qu’on aime lire et qui, techniquement, appartiennent plutôt à l’une ou l’autre des catégories ! Est-ce que toi, tu mets les tiens dans la catégorie polar ? Tu nous disais polar pour le premier et roman noir pour le deuxième ?

 

Gabrielle: [00:07:42] Voilà. Moi, je suis vraiment ce que ce que j’aime écrire, c’est le polar un peu hard boiled. Donc ce que je disais tout à l’heure, ce polar qui décape un peu avec pas mal d’ironie et un côté très noir et assez social. C’est ce que je préfère. Pour mon dernier, je suis partie plus dans le roman noir. Ce n’était pas tout à fait fait exprès. En fait, ça s’est fait un peu comme ça et finalement, je me rends compte que je suis plus à l’aise dans la case vraiment polar. Ça me correspond mieux. Pour les suivants, je pense que je vais revenir vers un polar un peu plus classique.

 

Ingrid: [00:08:15] Et du coup, pour toi, un bon polar, c’est quoi? Est ce que c’est ce qu’il y a des éléments indispensables, d’après toi, à faire figurer dans un bon polar?

 

Gabrielle: [00:08:27] Pour moi, dans un bon polar et surtout dans un bon roman, de manière générale, le truc essentiel, c’est le personnage. Il faut qu’il y ait des personnages inoubliables et un héros inoubliable. Parce qu’en fait, à partir du moment où il y a ça, on peut m’emmener partout. Et je suis contente et tout va bien. Voilà pour le polar. Moi, ce que j’aime et ce que je recherche quand je lis un polar, ça va être un tome un peu un peu incisif, un peu ironique, une « patte ». C’est très courant dans les polars d’avoir un style très mordant. Et j’aime bien ça. Et j’aime bien quand il y a un petit côté social aussi. C’est ce que j’aime. Après, je ne suis pas une grande fan des thrillers très page turner. Je l’étais, mais j’ai fait le tour, je pense. Et du coup, maintenant, voilà, je vais rechercher une voix, un personnage inoubliable qui va m’emmener dans une réalité sociale que je ne connais pas forcément.

 

Ingrid: [00:09:22] Intéressant, ça me fait penser un peu aux romans de Fred Vargas. Je ne sais pas dans quelle catégorie tu les places mais la voix, le milieu particulier y sont.

 

Gabrielle: [00:09:36] Et des personnages très forts et hauts en couleur !

 

Ingrid: [00:09:41] Parmi le peu de polars que j’ai pu lire, on se souvient très bien des personnages. Je trouve peut être plus que d’autres romans centrés sur les personnages. On a leur évolution au cours de l’enquête, au cours de l’histoire. Et du coup, j’ai une coachée qui écrit un polar. Hello Stéphanie si tu écoutes! Elle se demandait comment on dose les indices et les rebondissements. Parce que forcément, il y a des indices à semer, il y a des rebondissements qui se passent et j’imagine que c’est un savant équilibre pour pas qu’il y ait trop d’indices et que du coup, ça ne soit pas intéressant, ou pas assez, et que le lecteur est un peu largué jusqu’à la fin.

 

Gabrielle: [00:10:24] C’est hyper intéressant et compliqué comme question. Alors pour parler juste du dosage entre les rebondissements et les indices : moi, quand j’écris, je construis toujours d’abord la partie dramatique de mon intrigue, c’est à dire à quoi va être confronté le personnage ou comment ça va le faire évoluer. Quels grands bouleversements il va y avoir dans l’histoire par rapport à lui et à son histoire. Donc, ça peut être très varié. Ça peut être d’une part : il va apprendre des choses sur lui, il va évoluer, ça peut aussi être : il va se frotter avec le méchant et se faire tabasser. A côté, je construis la partie vraiment enquête. Et ensuite, j’essaie de mêler les deux et de faire en sorte que l’un induit l’autre, que tout ça se mêle, mais la façon et le dosage, et qui vont permettre de mêler ça, c’est quelque chose d’assez intuitif et d’assez subjectif. Alors je suis un peu embêtée parce que je ne peux pas donner de recette. J’essaie d’écouter vraiment la musique de mon synopsis, je fais des synopsis qui font 150 pages, je suis une grosse furieuse ! Du coup, j’essaie d’écouter la musique et j’essaye de trouver vraiment une voix, une harmonie là dedans. Après, quant à la question « Comment faire pour doser les indices », pour pas que ce soit trop évident et pour qu’à la fois le lecteur puisse suivre un peu l’histoire, pour moi, il y a un truc qui est qui est fondamental dans le polar d’un policier. Et souvent, chez les auteurs que je bêta-lis, je trouve qu’il y a toujours la même erreur qui se répète, qui est que l’auteur a tendance à vouloir amener son lecteur d’un indice à l’autre parce qu’il faut que l’histoire aille là. Alors c’est un peu cryptique ce que je dis, mais ce que je fais quand j’écris, c’est que je pars du principe que les indices que le héros trouve, ce sont les indices que le héros trouve naturellement. Je me mets dans sa tête, il va voir un truc, puis ça va naturellement l’amener vers un autre truc, puis vers un autre truc. Et en fait, la quantité d’indices s’impose d’elle-même. Quand on se met dans la tête du narrateur qui est face à une situation, il va lire une scène de crime. Enfin, je pense qu’il faut vraiment faire acte d’empathie extrême pour que le dosage s’impose à lui même.

 

Ingrid: [00:12:46] En tant que romancière « standard » cela m’évoque le fait que les indices, finalement, c’est des événements parmi d’autres. Sauf que ce sont des indices. Mais en réalité, tu les vois comme un événement, en fait. Et du coup, ça veut dire qu’ils sont un peu noyés dans un tas d’événements. Et peut être aussi que ce qui est important pour toi, c’est pas justement de mettre les indices, un ici, un là, mais plutôt que ça s’enchaîne de manière logique. Ça me fait un peu penser aussi à la règle des scénaristes de South Park où, techniquement, tes événements doivent toujours toujours s’enchaîner avec un « mais » ou un « Donc ».

 

Gabrielle: [00:13:21] C’est exactement ça que je voulais dire. Merci Ingrid, c’était exactement ça ! Je ne connaissais pas la règle des scénaristes de South Park, mais je vais aller me renseigner parce que ça me plaît beaucoup.

 

Ingrid: [00:13:33] C’est ça. Et c’est vrai que moi, c’est quelque chose qui m’a beaucoup aidé aussi pour me dire que tout s’enchaîne toujours de manière logique – et nous aussi, on est toujours en réaction à quelque chose. On ne va pas d’un coup aller à la boulangerie. Non, il y a toujours une raison derrière. Finalement, tu conseilles de voir les indices comme un événement lambda de l’histoire.

 

Gabrielle: [00:13:52] Voilà !

 

Ingrid: [00:13:57] Cela fait déjà pas mal de pistes à creuser pour les auteurs débutants. Mais est ce que tu aurais d’autres petits conseils? Tu parlais d’erreurs que tu vois souvent en bêta-lisant ? Quelles sont les erreurs que font les auteurs débutants, par exemple ?

 

Gabrielle: [00:14:16] Il y a deux choses qui qui me m’ont marquée, en tout cas dans les romans de débutants que j’ai pu lire et parfois même d’ailleurs dans des romans publiés. Je pense que pour écrire un bon polar, c’est important d’en avoir lu. Et de savoir sur quelles bases culturelles se base le polar. C’est une littérature qui est très profuse, hyper variée. C’est international et comme on disait, il y a plusieurs catégories. Mais je pense que pour faire un bon polar, il faut réussir à s’asseoir sur toute cette culture-là et savoir transcender cet héritage-là. Dans les meilleurs polars que j’ai lu, on sentait que l’auteur était un lecteur de polars. Je pense que c’est important dans tous les genres littéraires, mais particulièrement dans le polar. Je pense qu’il y a cette culture à se faire, alors ça ne veut pas dire forcément dire lire que ça, mais en tout cas savoir vers où on va et ce qu’on veut faire dans ce cadre-là. Et après, de façon plus pratico-pratiques, la construction de l’intrigue. La construction de l’intrigue d’un polar se fait en deux couches. C’est d’abord construire ce qu’il s’est passé pour arriver jusqu’au crime initial, surtout dans un policier classique, mais ensuite découper ce dessin-là et faire un puzzle et le reconstruire. Et je pense que c’est hyper important de passer du temps à savoir ce qui s’est passé et comment la victime est morte et pourquoi, avant de vouloir se mettre dans la peau de l’enquêteur et enquêter. Je trouve que c’est hyper long pour avoir écrit d’autres trucs que des polars. C’est vachement plus long de scénariser un polar parce qu’il y a d’abord cette cette scénarisation initiale et ensuite la deuxième couche qui est l’enquête.

 

Ingrid: [00:16:12] Oui, c’est vrai que tout ce qui se passe avant. Souvent, les polars commence par le meurtre ou ces découvertes. Et c’est vrai qu’on ap, j’imagine, toute l’histoire qui a mené là, qui remonte à l’enfance, etc.

 

Gabrielle: [00:16:25] Voilà. Si l’auteur ne l’a pas profondément en tête avant de construire son histoire, il va se planter. Il va y avoir des incohérences, des ventres mous dans l’histoire, donc voilà vraiment prendre du temps pour faire l’avant, pour penser l’avant.

 

Ingrid: [00:16:40] C’est intéressant parce que ça m’évoque mes deux coachés qui écrivent des polars : ils ont fait un travail de préparation. Ça m’a fait rire quand tu as parlé du synopsis parce qu’ils ont vraiment préparé très en détail, justement pour être sûr de bien situer les indices, etc. J’ai l’impression que c’est quand même très commun de le faire pour être sûr, justement, comme on le disait, d’avoir l’avant qui est clair avant d’attaquer l’histoire en elle même et que l’histoire en elle même, les événements, les indices soient bien dosés, etc. Et en même temps, j’avais lu – je ne sais pas dans quelle catégorie il se range, lui – Joël Dicker qui écrivait son histoire et venait mettre les indices après, c’est vrai que ça me semblait un peu bizarre. Après, j’imagine que ça découle chez lu d’une certaine expérience, d’une certaine habitude aussi de ses lectures. Mais ça me semble difficile pour un auteur débutant, en tout cas, de faire comme ça.

 

Gabrielle: [00:17:24] Je n’ai pas lu Joël Dicker, je vois ce qu’il a fait, mais je ne l’ai pas lu, donc je ne peux pas me prononcer. Mais par contre, effectivement, sa technique me parait extrêmement courageuse et périlleuse. Alors chapeau. Après, je pense qu’on a tous des structuration mentales qui font qu’on ne va pas aborder la conceptualisation du roman pareil. Lui, s’il arrive à le faire en mode d’abord, j’écris, ensuite, je rajoute des trucs à droite, à gauche et que ça marche. Il a tout mon respect, moi, ça ne marche pas comme ça. J’ai une phase de réflexion qui est très longue et je pense que c’est plus sécurisant. D’une part, on verrouille le truc et ensuite, on peut se concentrer sur vraiment l’acte d’écrire, qui est une activité en soi assez complexe aussi. Mais chacun doit trouver sa méthode et on ne la trouve pas au premier roman. En fait, on la trouve à force de scénariser. Et c’est vrai que moi, finalement, je me suis rendu compte pour mon premier polar, j’ai fait un travail préparatoire monstrueux au niveau dramaturgique, au niveau scénaristique, ça m’a pris six mois et en fait, c’était très bien. Et sur mon roman noir que j’ai sorti l’an dernier, j’ai été beaucoup plus avare en préparation parce que j’avais envie de tester justement ce côté « je vois à peu près où je vais, quels sont les grands arcs transformationnels au niveau de mes personnages, quel est le mystère » et je les laisse parler. Et en fait, pour moi, ça a été hyper anxiogène. C’était une catastrophe et j’ai réécrit le truc 50 fois et ça s’est fait dans la douleur. Tout ça pour dire que à chacun de trouver sa méthode, mais moi, en tout cas, j’ai une méthode qui est très, très structurée. Je suis la vraie architecte !

 

Ingrid: [00:19:05] Je milite un peu pour que le terme soit moins utilisé. Mais là, ça s’applique quand même plutôt bien à toi. Vu le besoin de préparation, on voit que t’as besoin de préparer justement le maximum et de se lancer dans l’écriture.

 

Gabrielle: [00:19:18] Je me suis rendu compte que si je devais chercher ce que je voulais écrire pendant que j’écrivais, je ne faisais plus attention au style, et à l’âme, en fait, vraiment, ou à l’incarnation. On peut appeler ça l’incarnation. C’est dire que j’étais tellement concentré sur « Alors là, il faut que je dise que tel personnage pense que là, il trouve tel indice machin » qu’en fait, j’oubliais complètement d’habiter mes personnages. Et c’était très plat, en fait. Et je n’ai pas du tout aimé cette expérience là. Mais ce n’est pas ce que je suis très mono tâche. Moi, il faut d’abord le scénariser, ensuite j’incarne et j’écris. Mais je sais que plein de gens sont différents et j’admire ceux qui arrivent à lâcher prise, à se laisser porter.

 

Ingrid: [00:19:58] Et c’est clair que c’est assez rare, je pense, les gens qui vraiment lâchent complètement prise. En fait, je pense que c’est juste qu’ils ont effectivement préparé suffisamment selon leurs besoins. L’impro totale, j’en vois très rarement, finalement.

 

Gabrielle: [00:20:13] Oui. Et dans le polar, moi, j’en ai jamais rencontré. Mais bon, si quelqu’un, si quelqu’un fait ça, qu’il se manifeste !

 

Ingrid: [00:20:21] On demandera aux personnes qui nous écoutent de venir nous dire ce qu’ils en pensent. Parce qu’effectivement, Joël Dicker, c’est le seul exemple que j’ai entendu. C’est vrai que n’est pas exactement des enquêtes très fouillées. Finalement, c’est plus un mystère qui se dévoile petit à petit. Dans certains thrillers où c’est le sens du timing très important, etc c’est quand même vraiment très compliqué.

 

Gabrielle: [00:20:47] Oui, tout à fait : moi qui aime beaucoup écrire des histoires à tiroirs…

 

Ingrid: [00:20:54] Oui, effectivement. Et du coup, on parle de préparation, on parle de se rassurer. Comment ça se passe chez toi, les sessions d’écriture?

 

Gabrielle: [00:21:06] Alors, j’écris tôt le matin et il faut pour que j’arrive à me mettre dans ma bulle d’écriture, je suis assez hyperactive et j’ai tendance à papillonner énormément, à me déconcentrer énormément et à vouloir faire 50 trucs en même temps. Donc, j’ai besoin de faire un gros travail pour me mettre dans ma bulle et me dire là, tu as deux heures, tu ne fais que ça. C’est très dur pour moi et donc je commence par ranger ce qui est autour de moi. Il faut que tout ce qui est autour de moi, donc en général, j’écris soit dans le salon, soit dans le bureau chez moi, il faut que ce qui est à portée de vue soit à peu près rangé, qu’il y a un bon feng shui dans ma pièce, je me fais une tisane ou un jus de citron ou un café, une boisson chaude, et je me mets de la musique à fond dans les oreilles. Et là, j’ai ma bulle et là, je peux commencer à écrire.

 

Ingrid: [00:21:55] Le rituel, en fait, pour te mettre en condition, pour écrire. Je trouve ça top quand on voit les auteurs savent exactement quels rituels accomplir.

 

Gabrielle: [00:22:07] C’est un peu long, donc j’aimerais bien un truc un peu plus court parce que si c’est le bazar chez moi, il me prend une demi heure avant de m’y mettre !

 

Ingrid: [00:22:15] C’est vrai, c’est les défauts du petit rituel. Justement, à propos de rituels, j’aime bien parler de confiance en soi avec les auteurs. S’il n’y a pas le rituel, est-ce que tu arrives à écrire, par exemple?

 

Gabrielle: [00:22:33] Oui, si tout va bien dans ma tête et que je suis très sereine à ce moment là, dans mon écriture et dans ma vie, on me file un coin de table et je peux écrire au milieu du bazar le plus total. Ce n’est pas grave. Dans un repas de famille, dans les transports en commun, peu importe si ça marche. Par contre, si je suis dans une phase d’inquiétude ou de doute, ou juste dans une phase où j’ai une charge mentale énorme entre le boulot, la maison, le ceci ou cela, ça va être très compliqué. Ça dépend de quel nuage noir j’ai dans ma tête. S’il n’y en a pas, tout va bien. Je peux écrire n’importe où.

 

Ingrid: [00:23:11] Ouais, c’est vrai que c’est intéressant d’amener ça aussi parce que j’en parle souvent ailleurs que sur le podcast. Mais parfois, j’ai des membres qui viennent, qui se flagellnte en disant « Mais je n’arrive pas à écrire, je n’arrive pas à écrire » et finalement en discutant 2 secondes, ils sont en plein déménagement. Et voilà, c’est normal de ne pas réussir à écrire. Il y a la charge mentale. Elle remplace un peu l’écriture, parce qu’on a des priorités beaucoup plus concrètes, terre à terre : notre survie dépend de notre travail, notre maison. Ou nos proches. Parfois aussi, les soucis avec la famille, viennent forcément chasser l’écriture qui marche mieux quand « tout va bien ».

 

Gabrielle: [00:23:56] Et oui, tout à fait.

 

Ingrid: [00:23:58] Et donc, au niveau confiance, est ce que est ce que tu penses avoir plus confiance en toi qu’à tes débuts?

 

Gabrielle: [00:24:07] Pas forcément. Alors, j’ai constaté un truc qui est assez étonnant. Quand je n’étais pas publiée, je n’avais pas forcément confiance en moi, mais j’avais une espèce d’innocence et de liberté. J’avais une idée en tête. Je savais ce que je voulais faire. Je le faisais, je me posais pas de questions, je me faisais bêta lire… En fait, les critiques me revenaient. Je l’ai digéré, et après ça allait, mais aujourd’hui j’ai une autre impression. Alors je crois qu’il y a un effet psychologique qui explique un peu ça, « l’effet conjugué », je crois, qui dit que si on progresse dans une discipline, il y a toujours un moment où notre confiance en soi s’effondre parce qu’on se rend compte du chemin qui reste à parcourir, alors que quand on était au début, on ne se posait pas trop de questions, en fait, et j’ai vécu ce moment là, très fort. Ces derniers mois, j’ai eu une espèce de grosse crise, dans ma construction littéraire autour du polar. Tout ça, je me demandais mais ça y est, maintenant, je me rends beaucoup mieux compte de quoi est constitué l’univers du polar et où est ce que je me situe, qu’est ce que je veux faire ? Et c’était très corrosif pour la confiance en soi. Alors je n’ai pas besoin de grand chose pour que ma confiance en moi soit émoussée. Mais là, c’était très corrosif. Donc finalement, ça va un peu mieux. Mais ce n’est pas si évident que le fait d’être publié améliore la confiance en soi. Et puis, le fait d’être publié et de commencer à se connaître, à avoir un rythme de publication un peu régulier, nous fait aussi nous confronter à un autre monde, le monde de l’édition. Quand on y est, c’est encore d’autres défis à relever pour continuer d’avancer et qui ne sont pas forcément si faciles à surmonter. Donc, ma confiance en moi n’est pas forcément plus forte qu’avant. Par contre, plus j’avance et plus je me sens construite au niveau littéraire et ça, c’est génial.

 

Ingrid: [00:26:07] Je n’ai pas envie de décourager les auteurs qui nous écoutent. Mais c’est normal. Je trouve que la publication, c’est la porte sur un autre milieu, finalement, un autre monde qu’on ne connaît pas. Donc forcément, on se sent intimidé et et en même temps, quand on est un auteur en herbe, parfois on a zéro confiance en nous parce qu’on trouve que chaque mot est nul. Et je pense qu’effectivement, le remède à ça, c’est d’avancer, d’écrire, de réaliser son projet. Et là, comme tu dis, tu te sens plus construite.

 

Gabrielle: [00:27:03] C’est ça et effectivement, comme tu disais, d’avoir quand même le fait d’être publié. C’est une forme de reconnaissance qui permet, c’est sûr, d’asseoir un peu de confiance en soi, c’est vrai, et d’aider à se construire et se construire permet à terme d’avoir beaucoup plus confiance en soi. Donc bon, je chipote. Mais oui, en effet, plus j’avance, j’espère, plus j’ai confiance en moi et plus je sais qui je suis en tout cas, et ça, c’est important.

 

Ingrid: [00:27:29] Et ça me fait penser aussi à notre collègue Fanny André, qui m’avait aussi parlé des autres auteurs, de se comparer aux auteurs. Mais est ce que c’est quelque chose à quoi toi tu es confrontée, regarder ce que font les voisins?

 

Gabrielle: [00:27:47] Oui, oui. Et c’est affreux. En fait, c’est hyper corrosif, ça ne sert à rien. Et si je pouvais éteindre ce bouton-là, qui est dans ma tête et qui me dit toujours : Mais qu’est ce tu fous au milieu de tous ces super auteurs? Qu’est ce que tu fous au milieu de ces gens qui réussissent mille fois mieux que toi? Enfin, ça, c’est hyper biaisé déjà comme réflexion et en plus, ça n’a aucun aucune forme d’intérêt. Mais oui, je me compare beaucoup plus maintenant que je commence à être dans la machinerie de l’édition, qu’avant. Avant ça, j’étais très tournée sur moi. Et là, maintenant que mon parcours est à peu près construit et que ça va mieux, je regarde un peu ce qui se passe autour. Et là, je me dis: Oh là là, oh là là, mais qu’est ce que je fous là? En fait, ça, c’est un vrai gros travail que je suis en train d’accomplir sur moi, qui est de me recentrer en fait et de prendre du plaisir à ce que je fais. J’essaie de me recentrer, de surtout ne plus regarder, en tout cas plus dans une optique de jugement de moi-même et pas dans une optique de comparaison par ce que font les autres. Et j’attends impatiemment le jour où j’y arriverai et où tout sera beaucoup plus simple, je pense !

 

Ingrid: [00:29:08] Après, je pense que c’est aussi au cœur de toute création. C’est qu’on n’est pas seul à créer. On a d’autres qui le font. C’est déjà pas facile. Alors en plus, le rendre public, c’est encore autre chose, etc. JCe qui est sûr, c’est que si on regarde le chemin qu’on a fait depuis nos débuts, peu importe vous en êtes, c’est le meilleur moyen de se rendre compte qu’en fait, non, on n’a pas raison de ne pas avoir confiance. Essayez d’avoir confiance sur certains points. Peut être pas tous. Heureusement ! Ceux qui ont confiance sur tous les points, il y a peut être anguille sous roche. Je n’ai pas encore pas rencontré d’auteurs très confiants personnellement,

 

Gabrielle: [00:29:50] Mais oui, tu as raison. Je pense qu’il faut toujours regarder derrière et se rendre compte qu’on a bien avancé.

 

Ingrid: [00:30:00] Yes ! Ma coachée Stéphanie avait une question que j’ai trouvé très intéressante pour revenir un peu au polar. C’était s’il y avait une première phrase de polar qui t’a marquée, si tu t’en souviens. Ou peut être est-ce que c’est important pour toi, ces fameuses premières phrases ?

 

Gabrielle: [00:30:24] Alors, rien ne me vient sur les premières phrases de polar que j’aime. Je me rappelle de première scène que j’aimais beaucoup, un des romans qui m’a donné envie d’écrire des polars. C’était Tous ceux qui meurent de John Connelly et la première scène est incroyable, car c’est l’histoire d’un flic qui rentre chez lui et qui voit sa femme et sa fille assassinée. Mais en fait, il y a la première scène, c’est le moment où il va apporter des fleurs sur la tombe de sa femme et de sa fille, et qui se mêle en fait à la aux souvenirs qu’il a de la lecture du rapport d’autopsie. En fait, c’est assez bouleversant. C’est ultra trash, c’est vraiment d’une violence terrible et et ça m’a foutu une claque. Pour en revenir à la première phrase, donc non dans mes bouquins préférés, je ne me rappelle pas de première phrase marquante. Par contre, moi, je suis une obsédée des premières phrases, les premières phrases de mes romans sont des essais ! Je les ai mûries pendant longtemps. Ou alors, quand elles sont sorties, j’ai dit : toi, ma vieille, tu ne bougera plus jamais. Ça, c’est exactement ce que je voulais. Parce qu’en fait, pour moi, la première phrase d’un roman, elle doit contenir tout le roman, particulièrement dans un polar. Elle doit vraiment dire au lecteur : Voilà, c’est là que je t’emmène, est ce que tu veux venir ? Et et du coup, voilà, pour vous donner une idée : La première phrase de mon polar Le goût du rouge à lèvres de ma mère, c’était : « Ma première cigarette avait le parfum des intestins qui se vident et le goût du rouge à lèvres de ma mère. » Et pour moi, cette phrase, c’était tout le roman. Et dans Trente grammes, mon roman noir qui vient de sortir, la première phrase, c’est : « Yannick Gallard a 32 ans et demi, il est en train de mourir et tout va très bien. » Voilà. J’aime travailler cette première phrase parce que c’est la porte d’entrée vers mon univers. E

 

Ingrid: [00:32:26] Mais puis, comme tu le disais, c’est important parce que c’est le message pour le lecteur. C’est vraiment la forme de salutation envers le lecteur. Tu lui dis : chez moi, ça se passe comme ça. Je parle comme ça et j’ai ce ton. J’ai ce personnage. Eventuellement, alors, on parle souvent des premières scènes, de la première scène, des premières lignes, mais finalement, on peut même le condenser sur la première phrase. Dans la plupart des romans ! N’étant pas une grande lectrice de polars, aucune ne me vient spécialement non plus. Mais par contre, pour les romans que j’ai aimé, je me souviens des premières phrases, même si ce n’était pas des romans avec une certaine ambiance ou quoi. J’ai aussi passé beaucoup de temps à choisir mes premières phrases. Ou comme tu dis parfois, elles s’imposent d’elles-mêmes au rythme des réflexions qu’on se fait.

 

Gabrielle: [00:33:10] Oui, et j’ajouterais même pour les jeunes auteurs qui cherchent à être à être publiés : La première phrase, le premier paragraphe et la première page sont fondamentaux. Mon polar, Le goût du rouge à lèvres de ma mère, mon éditrice et mon agente l’ont choisi pour la première phrase et pour la première page. Elles me l’ont dit toutes les deux. Je ne l’ai pas forcément retravaillée cinquante fois. Bizarrement, ça a été assez cool. Elle a été écrite un peu toute seule, mais j’en suis assez contente. C’est pas toujorurs le cas de ce que j’écris, mais cette scène là, j’en suis assez contente. Et clairement, les deux m’ont dit : on a pris ce manuscrit pour ça, parce que il y a quelque chose de très fort, même s’il y a des défauts dans la suite : c’est l’âme du bouquin. Elle est là et elle nous plaît. Donc, si je peux donner un conseil aux jeunes auteurs qui veulent être publiés, c’est un poncif, mais soignez à fond votre première phrase, votre premier paragraphe, parce que c’est ça qui peut faire la différence.

 

Ingrid: [00:34:27] C’est clair, tu dois ta publication à cette fameuse première phrase.

 

Gabrielle: [00:34:32] Et je ne le pensais pas ! Je ne pensais pas quand je l’ai envoyé. Donc quand j’ai réalisé ça après coup, je me suis dit : ça me fait vachement réfléchir pour la suite, en fait. Parce que même après, au niveau des contacts que j’ai eus avec les journalistes, avec les libraires qui ont fait la promo de ce roman, clairement, c’est cette première scène qui les a marqués, qui a fait qu’ensuite ils l’ont lu et que donc ils ont pu le conseiller ou faire des articles. Finalement, c’est loin d’être anodin, le début.

 

Ingrid: [00:34:57] Alors c’est vrai que là, on parle de polar, mais je pense que ça peut s’appliquer à vraiment quasi tous les romans. Parce que même si, même si on est dans des livres où il y a besoin de présenter tout l’univers, etc. pour qu’on comprenne, il y a quand même moyen de faire une première phrase un peu sympa.

 

Gabrielle: [00:35:12] Voilà, et quand on n’est pas connu, c’est ça qui fait la différence.

 

Ingrid: [00:35:16] Les premières lignes ! Je suis bien d’accord avec toi. Et au sujet de ton actualité, est ce que t’as des news, des futurs projets sur lesquels tu travailles ou est ce que c’est secret?

 

Gabrielle: [00:35:31] Alors non, ce n’est pas un secret, même si pour l’instant, je viens comme je viens de sortir mon roman noir, la suite, c’est pas pour tout de suite. Je pense qu’on en a encore pour un certain temps et donc là, je me suis recentrée un peu sur le polar. Et donc, mon prochain projet, ça va être un triptyque, donc trois polars indépendants, mais avec un même réseau de personnages et un même thème qui va être la protection de l’enfance. Voilà, donc, je plonge dans un milieu, pour le coup très social et sur lequel il y a des choses à dire et des regards critiques à avoir. Et donc là, c’est un un projet qui me tient à coeur pour le thème qui soulève. Et c’est un gros défi technique parce que je l’ai pensé en trois unités indépendantes. Mais j’aimerais que ces unités se recoupent au niveau du réseau de personnages, au niveau du travail symbolique sur chaque personnage. Là, je suis en train de faire un gros travail en amont, de réflexion. C’est passionnant ! Je me suis dit : maintenant, tu tu commences à te connaître au niveau des polars one shot. Donc, essaye d’aller de sortir un peu ta zone de confort, d’aller sur un truc un peu plus ambitieux, on verra ce que ça donne.

 

Ingrid: [00:36:46] En tout cas, ça a l’air hyper intéressant, je trouve quand on parle, on sent que ça te fait envie, que c’est un nouveau challenge, à ta portée ! Est ce que tu te vois écrire un jour dans un genre complètement différent ?

 

Gabrielle: [00:37:10] Alors, pas vraiment, pas vraiment, mais c’est pas un non ferme et définitif, c’est juste que j’aime. Je suis vraiment passionnée de littérature noire, et il y a, comme on disait tout à l’heure, tellement de sous-genres à explorer. Je me dis je n’aurai jamais assez d’une vie pour écrire tous les bouquins que j’aimerais pour explorer ce genre là. Donc je ne me vois pas écrire autre chose. D’autant plus que mes bouquins ont quand même des connexions entre eux, j’essaie de créer un univers un peu cohérent, donc je n’ai pas spécialement envie d’aller ailleurs. Et je pense que si je dis à mon agente que je vais aller écrire de la romance maintenant, elle me tue parce qu’on essaye de me de me construire une identité d’auteur ! Un jour peut-être. Mais c’est vrai que pour l’instant, j’ai envie de continuer à explorer ce genre-là, que j’aime tellement !

 

Ingrid: [00:38:16] Et puis dans lequel tu peux quand même mettre pas mal de choses, je pense, de thèmes forts.

 

Gabrielle: [00:38:19] C’est ça. Après, c’est vrai qu’un de mes gros projets, qui pour l’instant n’est pas concret, c’est que j’adorerais faire du scénario de BD ou de manga. Et là, pour le coup, je me verrais bien aller vers des trucs un peu plus ouverts, sur du fantastique, de la fantasy ou un truc social sans sans enquête. Mais on verra bien ce qui se fait.

 

Ingrid: [00:38:51] Il y a de quoi faire, en tout cas, je pense. En tout cas, merci beaucoup, Gabrielle, pour pour tes mots et pour tes bons conseils. Pour les auteurs de polars, je sais qu’il y en a quelques uns qui écoutent le podcast et qui seront ravis, à mon avis, d’écouter tous ces conseils là.

 

Gabrielle: [00:39:10] Alors, merci à toi pour l’invitation. Et puis pour les questions passionnantes. Et le seul mot de la fin que je peux avoir, c’est de continuer à prendre du plaisir à écrire. Ça paraît tellement bête. Mais quand on commence à se poser la question de l’édition, comment je vais faire pour être édité et pour écrire un truc bien pour les lecteurs ou pour mes beta lecteurs… parfois, on oublie que le plus important, c’est de se faire plaisir à soi. Et même quand on est publié, j’ai eu tendance à oublier cet aspect là. Donc voilà, on se recentre sur pourquoi on écrit à la base, ça, c’est hyper important. Dans les moments de doute, c’est hyper important.

 

Ingrid: [00:39:52] Merci Gabrielle !

 

Pour aller plus loin :

Les livres de Gabrielle : Le goût du rouge à lèvres de ma mère / Trente Grammes

*Les Explorauteurs , ta communauté d’écriture privée (pour retrouver le replay du live sur les agents littéraires !)

Méthode pour écrire un roman : un cours gratuit pour bien t’organiser !

 

 

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