Dans cet épisode, j’ai le plaisir de recevoir Cindy Van Wilder. Auteurice multi-genres ayant publié une dizaine de romans, Cindy nous parle de ses débuts, de son parcours, et donne de nombreux conseils aux jeunes auteurices. Tu retrouveras les liens vers ses livres, réseaux et son podcast en fin d’article.

Présentation de Cindy Van Wilder

Ingrid: [00:02:00] On est avec Cindy Van Wilder ! Je suis contente de te recevoir au Café des Auteurs.

 

Cindy: [00:02:06] Merci de m’avoir invité.e !

 

Ingrid: [00:02:10] Avec grand plaisir. Et du coup, est ce que tu peux commencer par nous dire un petit mot sur toi et tes livres?

 

Cindy: [00:02:16] Je m’appelle Cindy Van Wilder, je vais te faire un clin d’œil spécial pour avoir dit mon nom d’une seule traite !

 

Cindy: [00:02:35] Je suis Belge, j’ai à mon actif, plus ou moins, une bonne dizaine de romans, dont la plupart sont du genre de l’imaginaire, puisque j’ai publié récemment du réaliste, du contemporain. Je suis publié un peu partout dans des maisons d’édition Françaises.

Les débuts de sa carrière : comment iel a fait pour publier son premier roman

Ingrid: [00:03:04] C’est vrai qu’on va avoir l’occasion de discuter plus en détail. Et du coup, ma première question, justement, serait ce fameux début de ta carrière d’auteurice ? Comment ça s’est passé pour publier ton premier roman ? Est ce que tu peux nous raconter un peu?

 

Cindy: [00:03:16] C’est un peu un concours de circonstances, en fait. Bien sûr, il y a la réponse un peu bateau que je vais donner, mais qui est tellement vraie, c’est que j’ai toujours eu envie d’écrire. J’ai toujours eu cette envie au fond de moi, je pense, comme la plupart des auteurices. Je dis auteurice car j’utilise la langue inclusive et que pour ma part me définissant comme une personne non binaire, j’utilise « iel » comme pronom pour me définir. Donc, pour mes débuts. Franchement, c’était véritablement une envie qui était nichée au fond de moi. C’était quelque chose que j’avais besoin de faire et que j’ai toujours besoin de faire, tout en conciliant vie professionnelle, vie privée, écriture … C’est un peu dans mon ADN, mais cette envie, en fait, elle a véritablement pris son envol quand j’ai commencé l’université. Et que je suis tombé tout à fait par hasard sur un forum, l’écriture qui était à l’origine « Cinq Saisons ». Le nom a changé par la suite.

 

Cindy: [00:04:46] Et en fait, ce forum a été véritablement pour moi un vecteur non seulement pour faire connaissance avec des gens qui partageaient la même passion que moi, qui étaient tout autant enthousiastes, motivés, qui cherchent à en apprendre plus sur le monde de l’édition, la publication, sur les techniques d’écriture, etc. Je n’avais jamais véritablement fini de roman. J’en avais commencé beaucoup, mais je n’en avais jamais fini. Le fait de discuter avec ces personnes était plus ou moins de mon âge a été un déclic pour me dire : si, j’en suis capable. Moi aussi, je peux être un écrivain, me lancer dans l’aventure. En fait, j’ai fait des connaissances qui, un jour, se sont dit pourquoi ne pas créer un espace pour écrivains de l’imaginaire et dont le but serait de s’entraider les uns et les autres, ce qui a donné le collectif Cocyclics dont j’ai fait partie pendant longtemps. Donc, voilà, ça a été un enchaînement de circonstances, un concours heureux et qui m’a permis de me lancer dans ce chemin extrêmement marquant.

 

Ingrid: [00:06:19] Ensuite, à partir de là, combien de temps il y a eu? Peut être entre ce moment où tu t’es dit « moi aussi, je peux le faire » et publier ton premier roman ?

 

Le temps entre ses débuts et la publication de son premier roman

Cindy: [00:06:32] Il s’est passé quelques années. Parce que d’abord, il fallait bien entendu que je puisse maîtriser les techniques d’écriture. J’avais déjà un solide background pour tout ce qui concernait la lecture, dont je me rendais pas tout à fait compte. En fait, je pense que la lecture, – on en reparlera quand on parlera des conseils d’écriture – est vraiment une étape obligée. C’est une étape essentielle parce que si on ne lit pas, on ne peut pas en fait ingérer, même inconsciemment, les techniques d’écriture dans notre esprit. Inconsciemment, on ne se rend pas toujours compte qu’on intègre, par la lecture, toutes les techniques d’écriture que les écrivains ont déjà publié et qu’on peut ensuite les appliquer à notre propre histoire. En fait, on se nourrit de cette lecture, de ces intrigues, on se nourrit de cette manière afin de construire des personnages, des intrigues, etc. Même de manière inconsciente. Et la lecture, pour moi, est un vecteur un peu sine qua non pour le faire. Alors, bien sûr, maintenant, on a d’autres vecteurs pour en apprendre plus sur la manière de construire une intrigue, regarder une série Netflix, un film, voire le théâtre…

 

Cindy: [00:07:52] Il y a tout plein de représentations culturelles qui peuvent aider, mais je pense que la lecture est importante. Un passage obligé, même. Je ne vais pas dire qu’il faut lire tout le temps et surtout pas que des classiques. Non merci ! Pour revenir à la question originelle, je pense qu’il m’a fallu du temps, non seulement pour affiner ma technique d’écriture, mais aussi pour me confronter au regard des autres. Et ça aussi, c’est une étape importante pour moi. On peut être très content de ce qu’on crée. Il faut être fier aussi de ce qu’on fait. Et c’est quelque chose qu’on a encore trop peu tendance à dire aux jeunes auteurices. Soyez fiers de ce que vous faites parce que rien qu’oser le faire, c’est déjà une victoire en soi. Néanmoins, si on veut être publié ou se publier soi-même, il faudra à un moment donné se confronter au regard de l’autre.

Cindy: [00:09:08] C’est obligatoire. J’ai eu l’extrême chance de me confronter à des regards bienveillants, portés aussi sur la critique constructive. Et j’ai appris en fait non seulement à me confronter à ces avis, mais aussi à les accepter. Ce qui n’est pas toujours facile non plus, même si on le fait en enrobant les angles ou en présentant le positif d’abord. Bien sûr, il y a toujours une part de subjectif, mais quand on vous dit : « Il faudrait retravailler tel aspect, un tel personnage, etc. » ce n’est pas toujours facile de l’entendre ! Cocyclics a été véritablement pour moi un tremplin. Ça a été un vecteur majeur dans mon apprentissage de l’écriture. Sans les membres de ce collectif, je ne pense pas que ma carrière en serait là maintenant. Il m’a ensuite fallu trouver le projet qui est devenu le premier tome des Outrepasseurs, mon premier livre que j’ai publié, la première saga que j’ai faite. J’ai tout fait en bloc, apparemment !

 

Cindy: [00:10:23] C’était le début d’une saga. C’était ma première publication de manière traditionnelle. Et après, donc, il m’a fallu retravailler ce qui a pris deux ans et ensuite, il a fallu le soumettre. Là, il n’a fallu que huit mois et demi avant que j’obtienne un retour positif, ce qui est quand même assez rapide dans les délais de réponse des maisons d’édition. Ça ne m’a pas paru rapide à l’époque, forcément, parce que j’étais assez newbie et que je suis de nature assez impatient.e. Donc ça m’a semblé extrêmement long. Mais je le dis maintenant, pour ceux et celles qui nous écouteraient, c’est assez rapide.

 

Ingrid: [00:11:16] Et en même temps, certes, c’était quelques années, mais c’était finalement assez rapide. Si aussi on voit que c’était une saga que tu avais publiée, ce qui est pas commun, je pense, pour une première publication.

 

Cindy: [00:11:28] Déjà à l’époque, ça ne l’était pas. On parle quand même des années 2013/2014 et ça l’est encore moins maintenant. Je pense que plus de plus en plus d’éditeurs sont carrément frileux à l’idée de se lancer dans une trilogie. Encore plus par des primo-écrivain.e.s, comme je l’étais à l’époque. Donc oui, ça a été rapide et j’ai eu pas mal de chance.

 

Ingrid: [00:11:53] Pas mal de chance et de travail aussi !

 

Le genre Young adult

 

Cindy: [00:11:58] Mais il faut aussi de la chance aussi. Je suis arrivé.e au bon moment. Gulf Stream venait de s’intéresser au Young Adult. On commençait seulement à en parler à ce moment là. Les éditeurs commençaient aussi à y réserver une place dans leur catalogue, on le voyait fleurir sur les étagères des librairies et des bibliothèques, etc. Il faut bien dire que le Young Adult a gagné sa place sur les étalages des libraires de manière assez récente. Ce n’est pas un genre qui était implanté depuis longtemps dans le paysage littéraire francophone, dans nos habitudes de lecture. Moi, je me souviens quand j’étais plus jeune, ce qui remonte maintenant quand même à quelques années, quand j’allais à la bibliothèque j’avais le choix entre soit le rayon jeunesse, soit adulte. Il n’y avait pas d’entre deux. Mais je pense que le Young Adult est venu réclamer cette place qui avait besoin d’être réclamée parce qu’honnêtement à présent, que je vois la richesse et la diversité qu’offre le genre, j’aurais apprécié de le lire quand j’étais plus jeune.

 

Ingrid: [00:13:24] Est ce que c’est pour ça que t’écris principalement dans ce genre là?

 

Cindy: [00:13:30] En fait, je n’avais pas conscience d’écrire du Young Adult quand j’ai écrit les Outrepasseurs. D’ailleurs, la première version n’a pas été envoyée de prime abord à des maisons d’édition qui s’adressaient à un public adolescent. Je l’ai envoyé d’abord à des maisons d’imaginaire pour adultes, si je puis dire. C’est à la suite d’une réflexion d’une amie qui écrivait à cette époque déjà du Young Adult qui m’a dit : « Écoute, tu ferais mieux quand même de diversifier tes recherches éditoriales ». Et elle m’a conseillé des maisons qui cherchaient à étendre, à développer leur catalogue vers les adolescents. Et on était aussi en phase avec l’imaginaire : les sorties au cinéma du Seigneur des anneaux ou encore d’Harry Potter, etc. Il y avait une vraie mouvance qui a commencé à se créer à ce moment-là.

 

Suite de la retranscription :Cindy Van Wilder : écrire sur des thèmes forts (LGBTQIA, harcèlement..)

 

 

Retrouve Cindy, ses livres et réseaux :

Son site où tu retrouveras ses livres et infos principales

Ses comptes Wattpad , Calameo pour lire des histoires inédites

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